#Iwas, le hashtag qui libère la parole sur le viol et les agressions sexuelles

(Crédits : Foundry Co/ Source Pixabay)

Sur Twitter, de nombreuses personnes, femmes comme hommes, ont utilisé un mot-dièse pour témoigner et parler d’agressions sexuelles et/ou de viols subis.

“#Iwas Ca s’est passé de 4 à 8-10 ans, c’était mon propre père et uniquement par sodomie. Il me disait que c’était normal, que tous les papas faisaient ça à leurs filles… J’ai 4 ans… J’y crois et me laisse faire, je me disais que c’était normal et qu’un mauvais moment à passer”, a tweeté une jeune femme. Des témoignages comme celui-ci ont fusé ces derniers jours sur le réseau social du petit oiseau. Les utilisateurs se sont servis des 280 caractères pour s’ouvrir et confier leur horribles expériences. Le père d’une amie, un membre de la famille, ou encore un copain du lycée, à l’aide du mot-dièse “I was” (“j’avais”, en français), suivi de leur âge, les internautes parlent. Pour certains, c’est la première fois. “#Iwas 7,8,9,10,11,12,13,14 c’était mon beau père, ma mère ne m’a jamais cru. Je vivais sous la menace de cet homme. Il a pris 7 ans de ma vie mais il n’a eu que 3 ans de prison.”, écrit un jeune homme.

Qu’il s’agisse de youtubeuses influentes aux milliers d’abonnés ou de simples utilisateurs, c’est l’horreur d’une intimité violée et la douleur du souvenir qui les unissent. Un élan de solidarité et de soutien s’est créé. Des messages de compassion et d’encouragements ont été adressés aux victimes. “Une pensée à ceux et celles qui s’expriment sous #Iwas. Pensée également à ceux et celles qui, malheureusement, n’oseront jamais mettre en mots leurs vécus. Ceux qui n’oseront pas en parler, ni sur les réseaux, ni ailleurs, voire jamais. Vous n’êtes pas seuls, on vous soutient.”, a ainsi tweeté une utilisatrice.  D’après, une enquête réalisée par l’Institut national d’études démographiques (Ined) en 2015, les femmes sont atteintes tout au long de la vie, dans tous les espaces, alors que les hommes le sont principalement dans le cadre de la famille pendant l’enfance et l’adolescence, mais rarement dans le cadre conjugal.

Une démarche insuffisante

Chantal Michard, sexologue et psychologue spécialisée dans les viols et agressions sexuelles explique les points positifs de cette libération de la parole sur le réseau social mais aussi ses limites. Pour la spécialiste, le milieu virtuel est un espace qui favorise la confidence des victimes, il crée un cadre de confort et de sécurité. Face au virtuel, on est dans son intimité. On peut se protéger des émotions, c’est semblable à une bulle. Et surtout, c’est un témoignage au milieu de milliers d’autres.”, explique-t-elle. Et de poursuivre : “[Les victimes] s’expriment si on leur en donne le droit. En posant la question, la parole émerge.“  Le pseudonyme, la possibilité de conserver l’anonymat sont également des facteurs qui peuvent encourager la personne agressée à s’ouvrir

. En parlant, la victime entre dans une dynamique de soin et pose un premier pas : “exprimer d’avoir été victime, c’est déjà le reconnaître”, souligne Chantal Michard, tout en alertant sur les limites de la démarche des Twitteurs. “Il s’agit d’une tentative d’auto-soin qui ne fera pas disparaître le traumatisme. Le viol comme l’agression sexuelle peuvent affecter la vie affective et briser la confiance envers l’humain, surtout lorsque l’acte est commis au sein de la famille. Les réseaux sociaux peuvent aider à recréer ce lien, mais la qualité d’écoute est différente de celle apportée par la psychothérapie.”, précise la thérapeute. Elle met en garde contre la sur-activation de symptômes tel que la colère sans les traiter :  “C’est un début de libération qui reste insuffisant pour être l’équivalent d’un traitement”. A l’ère de #MeToo et du renforcement de la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, le phénomène de la prise de parole des victimes sur Internet n’est pas nouveau, mais “les victimes doivent être aidées et accompagnées”, suggère le site du gouvernement. 

Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes a réagi dans un tweet : “Je salue le courage de toutes celles et ceux qui dénoncent les violences sexuelles subies plus jeunes avec #Iwas.” Et d’ajouter : “Les victimes de viols ont désormais 30 ans après leur majorité pour porter plainte.” La ministre a joint à son tweet le lien de la plateforme arretonslesviolences.gouv.fr pour inviter les victimes à porter plainte.“[En France], chaque heure, environ 9 personnes sont violées, ce qui représente près de 205 viols par jour. Un viol est déclaré toutes les quarante minutes”, rapporte le site victimedeviol.fr.

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